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Bangui - Alger (et plus si affinités)

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27 avril 2010

ETAPE 55

Bedoin – Le Berthier (322 km)

Retour au Berthier. Fin de la boucle… Heureusement que j’ai acheté une moto, d’ailleurs, car entre un petit volcan turbulent et une grande SNCF grèvophile, les moyens de transport se raréfient !

Derniers virages… dernières lignes droites… champs verts mouchetés de fleurs multicolores… ciel bleu où paressent quelques nuages cotonneux… le printemps a chassé l’hiver… une maison en pierres dorées se dessine puis se rapproche au milieu des vignes encore noires et nues… il est temps de couper le moteur une dernière fois… le silence… un épervier plane au dessus des collines… un coucou joue à cache-cache dans un bois…

Je connais une mobylette qui a bien mérité quelques jours de repos !

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22 avril 2010

Une trainée de poudre bleue

Durant mon absence, de l’eau a coulé sous les ponts … et Internet a continué à faire des bonds ! Voici donc un petit bonus pour revivre notre quête maritime : le tracé du périple sur des photos satellitaires !

Pour visualiser le trajet, deux possibilités :

La première :

  1. Cliquer en haut à droite, sur le lien « itinéraire vers la mer »
  2. L’itinéraire s’affiche par tronçon. Pour passer au tronçon suivant, cliquer en bas à gauche sur « Google suivant »
  3. Pour visualiser l’ensemble de l’itinéraire dans Google Earth, cliquer en haut à droite sur « Afficher dans Google Earth »
  4. En cliquant sur les gouttelettes bleues des étapes, vous trouverez un lien vous permettant de revenir directem205ent au récit de la journée.

La seconde :

  1. Visualiser les tronçons qui se trouvent insérés dans certains messages, comme celui de l’étape 11 ou ci-dessous.
  2. Pour agrandir la fenêtre, cliquer sous la carte sur « Afficher sur une carte plus grande »
  3. Ensuite, se référer au point 3 de la 1ere possibilité.

C’est magique !

En zoomant à fond, vous pourrez même apercevoir la mobylette perdue dans le désert ou, fascinée, face à la mer…

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14 avril 2010

ETAPE 54

Cuneo – Bedoin (324 km)

Superbe cadeau au réveil pour cette dernière étape : un ciel azuré sans défaut et un horizon de montagnes immaculées. Magnifique !

Par contre, la neige620 descend jusqu’à 700 m et le col de la Madeleine frôle les 2 000 m. Sera-t-il ouvert ? Par ailleurs, il fait à peine 15°c au soleil. Lorsqu’on enlève les 15°c que le vent de la moto arrache en passant, ainsi que les 1°c par tranche de 100 m en gagnant en altitude, il n’en reste pas beaucoup avant de ressembler à Mister Oetzi. Tant pis, je m’arrêterai tous les quart d’heure pour réchauffer mes doigts engourdis. L’équipement saharien montre ici ses limites…

La route s’enfile peu à peu dans les montagnes qui se resserrent. L’ubac porte toujours son manteau blanc tandis que l’adret a revêtu le noir de ses rochers. Un dernier cappuccino, le plus grand ! Les falaises se penchent sur les villages aux toits inclinés. Ma mobylette rouspète un peu mais relève le défi et gravit patiemment les lacets qui s’enchainent. Le fond de la vallée s’éloigne mais les sommets semblent s’écarter pour en dévoiler à chaque fois de plus hauts, de plus blancs.

Et puis, pour quelques mètres, la route devient plate. Un panneau « France » au bord de la chau623ssée. 15 000 km pour venir le saluer. Etrange mélancolie.

Trois motards Italiens qui m’avaient laissé sur place lors de l’ascension, viennent s’étonner de la petitesse de ce cylindré si haut perché. Apprenant l’origine des trois lettres RCA de la plaque d’immatriculation, ils sortent leur appareil photo. Voici certainement la première moto centrafricaine à franchir les Alpes !

La suite de la journée ne fut qu’une longue glissade, le long de la vallée de l’Ubaye, du lac de Serre Ponçon, puis de la Durance, avant de bifurquer vers le Mont Ventoux.

Une belle page se tourne…

Rendez-vous au même endroit, ici ou ailleurs, pour un nouveau départ dans quelques semaines?

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« Dans les cartes postales qu’il expédiait depuis les gares traversées, il décrivait à grand renfort d’exclamations les instantanées qu’il avait découverts par la baie du wagon, et c’était comme d’émietter pour le jeter à l’oubli le long poème de la fugacité. »

Gabriel Garcia Marquez

Cent ans de solitude

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13 avril 2010

ETAPE 53

Pise - Cuneo (361 km)

Dès la sortie de Pise, le pays reprend du caractère. Des montagnes enneigées, des falaises, des sommets rocheux se penchent au-dessus de la mer. Les villages remontent se percher sur les hauteurs. Le long de la plage, le millefeuille à la Club Med a lui aussi repris de la vigueur ! Pendant des dizaines de kilomètres, une succession ininterrompue de restaurants, côté plage, et d’hôtels, côtés montagne. Toute l’Italie se donne t’elle rendez-vous ici l’été ? Pour l’instant, ça serait plutôt vide et fermé.

Par mo613ment, la route s’échappe dans les montagnes, prend de l’altitude et se mêle aux forêts. Impression de voler au-dessus du paysage. La pluie continue à me poursuivre et, finalement, réussit à me rattraper lors de la traversée de Gênes qui m’égare dans ses petites ruelles piétonnes. Je leur enverrai quelques panneaux indicateurs pour Noël ! Promis ! A ce niveau là, ça devient presque de la malveillance ! Dédale devrait leur faire un procès pour plagias ! Le Minotaure n’aurait aucune chance de ressortir de leurs centres-villes…

Savona… Entre deux marinas, un dernier regard nostalgique vers la Méditerranée… Terminé… Après l’a615voir rêvé depuis Bangui, désespéré au Cameroun, fantasmé au Tchad, imaginé au Niger puis enfin rencontré en Algérie, après l’avoir frôlé en Tunisie, pourléché en Sicile et longuement longé tout au long de l’Italie, je la quitte pour les montagnes. Promis, on se reverra !

Mais au fait, où vais-je ?

Depuis plusieurs semaines, je rêve des steppes Kazakh. Alma Ata comme nouvel objectif, via l’ex-Yougoslavie, la Grèce, la Turquie, la Russie… Partir à la découverte de cet Orient que je ne connais pas… La Route de la Soie… Gengis Khan… Les chameaux en guise de dromadaires… La vodka après le thé à la menthe… Un autre désert, peut-être, celui de Gobi…

Mais Internet me réserve une drôle de surprise ce soir. Si cette toile d’araignée me permet de donner des nouvelles de ce vaste périple, elle me permet également d’en recevoir. Et la France m’appelle.

Pause pour quelques se618maines…

Au lieu de virer à droite, je braque donc mon guidon à gauche. Direction les Alpes qu’il va me falloir franchir, comme Hannibal, croisé en Tunisie il y a quelques semaines. Les montagnes sont nappées de neige fraîche. Tout est blanc. Vais-je passer ?

12 avril 2010

ETAPE 52

Severa - Pise (315 km)

Voyage entre bleu et 606vert, entre mer et champs, entre plages vides et villages roses. Voyage plat et sans virage, voyage sous un ciel moucheté de nuages, voyage à travers les âges en remontant la Via Aurelia. La pluie s’installe au sud. Je file vers le nord. Je ne veux plus croiser une goutte d’eau au guidon non-étanche de ma mobylette ! L’air est frais. Les pauses capuccino s’imposent toutes les heures !

Au gré des prés, je remarque une mutation génétique des palmiers. Inquiétant, non, cette couleur « pollution chimique, variété ancien pays de l’Est » ?  D’autant que j’avais également croisé de tels spécimens à Bangui, en République Centrafricaine, et à Muzaffarabad, au Pakistan. Tous les continents seraient-ils touchés par cette peste arboricole ?

607_Italie2 607_Pakistan 607_RCA

Je lève les yeux pour questionner le ciel… et croise des extraterrestres ! Au-secours608___Copie ! L’abus de moines capucins est-il source d’hallucinations ???

Mais face à la tour torticolis et ses nombreux étais humains, je dois bien admettre que ce ne sont que des épiphénomènes de la mondialisation. La terre de demain sera-t-elle peuplée d’hommes sans coude se déplaçant en soucoupe silencieuse de palmier orange en palmier orange?

Plus besoin d’apprendre à nager aux mobylettes sans essuie-glace…

610 609

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11 avril 2010

ETAPE 51

Naples - Severa (335 km)

Journée sans panache, sans charme ni drame. Bien entendu, j’ai mis près d’une heure à sortir du labyrinthe de Naples, montant des ruelles pour mieux redescendre leur voisine, bifurquant à droite pour que les sens interdits me ramènent inexorablement à gauche, décidant de longer la côte pour mieux m’enliser dans une zone industrielle sans issue… Si quelqu’un souhaite faire une B.A. cet été, pendant ses vacances, qu’il vienne refaire la signalisation italienne ! Je brûlerai un cierge pour la sauvegarde de son âme ! Et même deux peut-être bien !

Tant pis ! On ne peut pas faire gras tous les jours ! Pour la peine, je vous offre quelques photos supplémentaires de Naples la bouillonnante !

581 594 592

604Quant à la suite de la journée, elle est sans intérêt. Une succession de routes droites et habitées sur une côte plate et sans aspérité, aux pla602ges remblayées au bulldozer. Les nuages gris et la pluie restent au large, dans les terres. Je contourne Rome et ses autoroutes en tentacule pour m’échouer à nouveau dans un immense hôtel vide aux chambres penchées sur une mer grise.


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10 avril 2010

ETAPE 50

Palinuro - Naples (195 km)

50ème étape aujourd’hui ! Ca se fête ? Non… en fait, je ne m’en rends compte que le soir… une étape comme une autre d’un voyage pas comme les autres…

Mais une étape qui commence en douceur par l’un des plus agréables petits déjeuners du voyage. Imaginez… Fermez les yeux… (enfin, lisez d’abord !)… Un petit village accroché sur un sommet rocheux… la mer bleu, immaculé, sans une vague, quelques 100 m en contrebas… les pentes des montagnes couvertes d’un tapis de chênes verts… quelques cumulus boursoufflés et immaculés paressent dans le ciel… une place au soleil, dominant les maisons au toit de tuiles roses en contrebas… quelques cafés, des chaises métalliques, des bancs sous les arbres… quelques anciens jouent aux cartes, coiffés de casquette de marin ou d’un chapeau mou… d’autres, debout, les regardent… des femmes discutent sur les bancs… quelques enfants se poursuivent en riant… pas une voiture, pas un bruit… un gendarme débonnaire se promène d’un groupe à l’autre… quelques personnes autour de quatre ou cinq cageots de légumes déposés contre un muret… je reprends un cappuccino à la cannelle…

Puis je retourne à mes lacets qui contournent la mer. Et je m’incline, à droite, à gauche, selon l’humeur des virages. Agréable déhanchement qui, hélas, prend fin quelques 50 km avant d’arriver à Naples. Le pays, redevenu plat, s’est transformé en une ville en continue masquant le Vésuve derrière les immeubles en rangs serrés. Pompéi a bien été reconstruite ! Ils ont même fait venir le train !

Lors de ces longues traversées urbaines, je peux à loisir profiter de deux difficultés de la conduite en Italie. Première contrainte, la signalisation est très… aléatoire… En ville, on n’indique plus les directions des villes mais le nom des rues… des administrations… ou des hôtels… pas très très utile pour une navigation au long cours… La seconde paire de manche, ce sont les changements de direction intempestifs des véhicules… Les Italiens ne considèrent en effet les petites lumières oranges sur les côtés qu'uniquement comme des ornements pour les mariages ou les victoires de la coupe du monde de foot contre la France… Bonjour les surprises et les réflexes donc !

Puis la ville577 infinie devient Naples et là ! Simplement fabuleux ! Un empilement de mondes différen600ts, un empilement de vies ! Sur les pentes, les ruelles étroites et parfois tortueuses n’ont rien à envier aux médinas nord-africaines ! Dominant les pavés de leurs cinq ou six étages, les immeubles créent des gorges sombres et sonores où s’accrochent le linge et les drapeaux vert-blanc-rouge. Les vespas et autres engins à deux roues foncent à toute vitesse entre les piétons et les rares voitures. Chaque pâté de maisons prend des allures de village.

Un peu plus bas, une rue piétonne aux allures de kermesse. Les vitrines chic s’alignent en continue. Vêtements, bijoux, fantaisies, photos… Entre un Cartier et Hugo Boss, une église surchargée de dorure invite… à la repentance ? Sur les trottoirs, les « mafias » bangladeshies ( ?) et Africaines offrent aux promeneurs leurs étals de faux sacs à main, jouets électro-plastiques et bracelets de pacotilles. De l’ambiance, des 582djembés, des danses africaines ! Des migrants au bout de la route ?

Et puis il y a le port, ses immeubles cossus, ses places « mussolinie599nnes », ses forteresses médiévales… et le Vésuve, enfin dévoilé !

C’est une ville qui bouillonne ! Qui vivre ! Waaouuuu !

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9 avril 2010

ETAPE 49

Soverria Mannelli – Palinuro (297 km)

Petit déjeuner solitaire dans une immense salle vide mais apprêtée comme pour un festin. Ne manquent que les convives… Rapidement, je fuis le château de l’ogre et retourne chercher mes petits cailloux au milieu des bois. Ciel gris et bas, routes désertes et tortueuses, la forêt noir ne me convient pas, je préfère le mille-feuille à la Policastro !

A propos de gâteau, entrer dans une pâtisserie italienne est un horrible supplice de tantale. Heureusement, comme j’ai une volonté de fer, je n’en achète jamais plus de trois à la fois ! Par contre, n’en parlez pas à mon diététicien, mais certains jours, je ne me nourris que chez elles… C’est bon pour le moral !

Retour donc s568ur la côte et retrouvailles avec le soleil. Douce sieste sur un banc tandis que ma mobylette discute avec les anciens du village en rêvant devant les flots. Ils parlent peut-être ouvrages d’art ? Il y a en effet deux approches pour construire une route de montagnes. Il y a la méthode classique, en nouant et dénouant de nombreux lacets et en fixant le tout avec quelques épingles à cheveux. Et puis il y a la méthode italienne, qui ne s’encombre pas du relief, et trace de grandes lignes droites, ce qui donne une succession pratiquement ininterrompue de ponts et de tunnels ! Ils sont les rois des viaducs, d’ailleurs ! Ils ont bien retenu la leçon des Romains…

Et en roulant, je me posais une question. Etant donné que chaque ouvrage est baptisé, existe-t-570il une équipe dont l’unique travail serait de trouver ces noms ? Ca doit en faire plusieurs (dizaines de)milliers ! Il faut une sacré imagination ! Et, par ailleurs, tous ces patronymes sont ils répertoriés dans une commune base de données afin d’être certain qu’aucun d’eux ne puisse être doublement employé ? Tenez, au hasard, prenons le Ponte Vecchio sur lequel je suis passé ce matin. Situé à 12,7 km au nord de Maratea, sur la S 18, il mesure 32 m de long et enjambe un petit ruisseau. Imaginons qu’un ingénieur vienne un jour effectuer une étude technique et décide que celui-ci a été fragilisé par un glissement de terrain et nécessite d’être remplacé par une structure en béton armé. Il effectue son cahier des charges et envoie le tout au Ministère de l’Equipement, Bureau des Validation de la Direction Ponts et Chaussée, Section Ouvrages d’Art, Département Viaducs, Subdivision du Sud, à côté de la machine à café. Le fonctionnaire, qui vient de se rendre compte qu’il a invité sa femme à l’opéra le même soir que sa maîtresse au théâtre, signe le document sans y réfléchir et le transmet, par erreur, à la Subdivision du Nord. Si, par mégarde, un autre pont porte le même nom, quel gaspillage !

Enfin voilà, à présent, vous voici informés des réflexions métaphysiques qui me traversent l’esprit au guidon de mon bolide tout en remontant lentement la fine gambette italienne.

Sur ce, je vous laisse pour aller admirer le573 magnifique coucher de soleil qui enflamme les vagues. Bonne soirée !

8 avril 2010

ETAPE 48

S. Alessio Siculo – Soverria Mannelli (235 km)

Une bonne tranche de mille feuilles ce matin encore, jusqu’à l’écœurement. Il y a tellement peu de place sur cette côte que les rues sont minuscules, rendant tout croisement quasi impossible entre deux voitures, sans parler des camions ! 30 km donc quasi au pas avec la mer de temps en temps entre deux immeubles et, en face, le continent, la pointe de la botte italienne ! A portée de main !

Ou à portée d’objectif ? Je croise en effet un « espion », que je prends en photo. Vous savez ?560 Celui qui fait des bulles sur GoogleEarth, ces espèces de loupes qui permettent de vérifier la propreté de vos carreaux ou l’alignement de vos bégonias. Et bien voilà l’arroseur arrosé ! A présent, vous avez-vous aussi la photo de l’auteur de ces instantanés de moins en moins anonymes.

La ville de Messine, vous connaissiez ? Moi, je ne connaissais que le détroit de ce nom. Il a pris toute la place dans notre imaginaire. Mais la ville, et son port, existent bien ! Et c’est une myriade de ferrys (bon, d’accord, peut-être un peu moins…) qui en partent en permanence pour compenser le pont virtuel. Voitures, motos, piétons, camions, camping-car, mais également trains entiers ! Chargements et déchargement sont incessants ! Une autre cadence qu’à Palerme !

Ma mobylette, à présent habituée, monte sans une hésitat564ion et trouve sa place dans un coin de la calle pour cette courte traversée d’environ trente minutes. L’île s’éloigne peu à peu et bientôt me voici bel et bien sur le continent européen. L’Afrique est définitivement derrière.

Remontons donc rapidement cette longue péninsule afin de trouver un débouché !

Mille-feuilles également sur cette berge mais moins indigeste. Les hôtels zé promenades anglaises ont laissé la place à quelques villages rosés nichées dans des criques. Les falaises se défendent encore. Pour combien de temps ? 566_siesteCar dès que la côte s’abaisse, l’urbanisation reprend ses droits et inonde le terrain. Je m’échappe vers l’intérieur…

… et me retrouve rapidement en montagne. Dominant de plus de 1 000 m la mer au loin, j’ai perdu quelques 10°c et zigzague au milieu des forêts de pins noirs, de hêtres, de frênes. Certaines routes ne sont ouvertes que depuis le 31 mars à cause de la neige ! Surprenant changement après une sieste à l’ombre des oliviers mais mauvais calcul pour trouver un lit ! La saison d’hiver est terminée et celle d’été n’a pas débuté. Tout est 567fermé… Le soleil se couche alors que je demande ma route dans un village. Pour finalement me retrouver en pleine forêt, seul client d’un immense hôtel de plusieurs dizaines de chambres. Le compteur électrique est rallumé en mon honneur. Un vrai pacha !

7 avril 2010

ETAPE 47

Agira – S. Alessio Siculo (163 km)

L’ascension de l’Etna est donc à l’ordre de cette journée grise. Le sommet en ligne de mir549e, je louvoie de petites routes en villages perchés et me rapproche peu à peu de mon objectif. Bientôt, plus aucune autre colline ne me sépare de ses contreforts à l’assaut desquels je m’élance. C’est alors que tout devient noir : les arbres dénudés qui sont toujours en hiver, mais également les murets autour des champs, constitués de blocs de lave, les maisons, idem, et l’asphalte, toujours, qui se marrie au ciel sans soleil. Il faut un sacré moral pour vivre par ici !

A une intersection, je découvre un panneau indicateur « Etna ». Tiens donc ! Une gentille attention aux myopes de passage qui n’auraient pas aperçu le géant du coin ? Suivons-le donc, nous verrons bien !

La route monte en lacets serrés, les maisons s’éloignent et la côte apparait au loin. Toute la Sicile, en bas, disparait peu à peu dans une brume aux dégradés de bleu-gris. Lendemains de Pâques, je suis déjà bon pour l’ascension !

Mais non, au détour d’un virage, ce n’est pas aux portes du paradis que me dépose ma mobylette mais à celles d’une station de sports d’hiver, avec hôtels, restaurants d’altitude, télésièges, télécabines et traces de ski dans la neige ! Et moi qui ai oublié mon surf !

Un peu partout, des touristes se promènent autour de cratères. Mê553me si le sommet nous domine encore de plus de 1 000 m, le volcan a connu quelques éruptions cutanées par ici qui ont laissé quelques boutons d’acné éclatés. A défaut de grives… Car l’Etna est un parc naturel et ma mobylette n’est pas la bienvenue sur ses pentes ! Je continue donc à pieds au milieu des roches aux allures d’éponges sombres mais délaisse le cratère central pour une autre occasion. Trop éloigné.

Retour vers une mer métallique venant épouser une côte hachurée de falaises. Peu d’espace vital ? Qu’à cela ne tienne, sur quelqu559es dizaines de mètres, les urbanistes ont réussi à caser un millefeuille économiquement idéal : la plage – la promenade des Anglais - les hôtels de « la plage » – la nationale – la 556voie ferrée – l’autoroute – les hôtels « belvédère » - la falaise. Et tout le monde est content ! Enfin, pour autant qu’il nous reste une activité légale à pratiquer car je ne maîtrise pas trop l’italien mais certains panneaux semblent assez explicites… Peut-être mon amie du désert pourra t’elle m’en dire plus ?

558Au fait, il semblerait qu’ils aient adopté les gambettes des filles comme drapeau régional ! Il faudra revenir en été pour admirer… car pour l’instant, sur les galets, c’est plutôt l’anorak la tenue de rigueur…

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