23 mars 2010

Au rythme de la ville

05.00, le chant grave de muezzin de la mosquée voisine de ma fenêtre s’élève. Et me réveille. Puis un second appel lui fait écho, puis un troisième, et c’est bientôt toute la ville silencieuse qui chante dans l’aube naissante. Instants magiques. Avant que je ne me rendorme…


Et si Tunis s’assoupit le dimanche, en semaine, ce n’est vrai qu’après 20h. Dans la journée, ce n’est que tourbillons incessants de piétons et de klaxons, sifflets des agents de la circulation, sirènes des ambulances. Les deux villes sont tout autant encombrées l’une que l’autre.

 

L’Européenne, avec ses rues en angles droits et ses boulevards parisiens, est le royaume des trams et des voitures. Dans un souci de paix mondial et d’ouverture à l’internationale, de nombreuses rues de ses quartiers portent des noms de pays, avec cependant quelques particularités –rue de Hollande, rue d’Angleterre – quelques archaïsmes – rue de Yougoslavie, rue du Zaïre – et quelques positions politiques – rue de Palestine, mais pas de rue d’Israël. Quant à la rue des Etats Unis voisine de la rue d’Irak, on se demande… On peut également sourire à l’ironie qui offre la Place de l’Indépendance comme adresse de l’Ambassade de France… Administrations et grands magasins alignent de partout leurs bureaux et leurs vitrines.

 

Quant à la médina, qui n’est peuplée que de piétons et de rares poussettes égarées, ses entrelacs de ruelles étroites et pavées bordées d’échoppes minuscules et colorées masquent en fait de grandes cours ombragées et silencieuses que l’on découvre parfois à l’occasion d’une porte entrouverte. Si l’une des artères semble réservée aux portefeuilles des touristes, les alignements de magasins de vêtements, d’articles de mariage, de tissus, de jouets ou encore de bijoux, que l’on peut découvrir en bifurquant au hasard de l’inspiration, n’attirent eux qu’une clientèle locale, et prisant le clinquant et le kitch.

 

381La mer est la grande absente de cette cité portuaire. Cachée derrière d’interminables chantiers et des multitudes d’entrepôts, il faut effectuer une dizaine de kilomètres pour rejoindre la côte proprement dite, Tunis étant en fait cachée au fond d’une immense baie. Le village de Carthage y abrite à présent un nouveau roi, le président ayant fait construire son palais monumental au milieu de ces ruines prestigieuses, et toute sa cours se presse à ses côtés dans un déferlement de villas blanches. Les places au soleil sont décidemment très chères !

 

Tiens, toute cette eau tant recherchée me redonne des envies de désert. Chiche, on y retourne ?

Posté par LoinAilleurs à 18:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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