21 mars 2010

ETAPE 33

 Cap Serrat - Tunis (232 km)

C’est le printemps ! Je reviens à mes gants d’été et j’enlève la polaire ! Quelle légèreté soudainement ! Quel plaisir !

Pour bien en profiter, je décide de poursuivre mon musardage campagnard. Arriverai-je à Tunis ou ailleurs aujourd’hui ? La campagne continue à dérouler ses prairies appétissantes embarbelées de cactus. Un lac, puis un second, ajoutent quelques taches bleutées au milieu des collines. La route serpente et se moque de la carte périmée. J’avance au jugé et m’offre à nouveau quelques demi-tours sous le regard de bergers éberlués. Un dromadaire égaré ?

Traversant une ville au nom présidentiel, je m’arrête dans une boutique de mécanique pour offrir quelques bougies à ma moto qui fête ses 10 000 km. Et entre les rayons d’huiles et de chambres à air, le vendeur, intarissable, se lance dans un cours sur l’histoire de sa cité. La ville est en effet une récente création coloniale qui portait le doux nom poétique de Ferryville (notre pote Jules, l’ami de tous les écoliers !). Le site, aménagé en arsenal faisant le pendant à Toulon, aurait « justifié à lui seul la possession de la Tunisie », dixit notre ministre fondateur ! Et pendant près d’un siècle, notre marine est ainsi venu faire réviser ses coques sous le doux soleil de l’Afrique du Nord, musardant dans le « Petit Paris », une ville au plan « haussmannien » faite pour durer cinq siècles. Et mon passionné de sortir de sous son comptoir des photos de la belle époque, des agrandissements extraits de Google Earth et même une photocopie du plan de la ville datant de la fin du 19ème siècle. A mon avis, il devrait changer l’enseigne de son magasin!

D’intersections en croisements, je finis par retrouver la mer. Mais entre Bizerte et 376Tunis, la côte s’est transformée en suite ininterrompue de résidences secondaires et de cités balnéaires. Tant pis, tant qu’à croiser du monde, autant poursuivre jusqu’à la capitale en me frayant un chemin entre les milliers de Tunisiens venus « profiter de la campagne » et qui ont investi les champs et les oliveraies pour déguster leurs grillades ! On trouve des Bidochons dans tous les pays !

Un petit peu plus loin, je traverse un village où il ne doit pas faire bon vivre… Le problème avec les majuscules, c’est qu’on ne sait pas si on parle d’ «377 Utique Ruiné », par la crise économique mondiale, ou si le parlé local a écorché la désignation d’un site archéologique : « Antique Ruine ». Ce qui est certain, c’est que pour les hôtels, mieux vaut chercher encore un petit peu…

Et quelle partie de rigolades que de trouver son chemin dans une ville millionnaire sans la moindre idée de son plan ! A force de bifurcations, je me retrouve dans un premier temps au sein de la casbah ! Un dédale de ruelles minuscules dans lesquelles il est plus facile de circuler en moto qu’en voiture mais qui présente malgré tout toutes les caractéristiques d’un très esthétique labyrinthe. Ariane m’ayant envoyé quelques ondes positives, je réussis à m’en extraire mais c’est histoire de tomber de Charybde en Scylla ! La casbah version 20ème siècle, ce sont des voies express interminables et sans issue de secours pour ceux qui se sont égarés ! Des kilomètres bien inutiles qui m’emmènent visiter le port des containers et la zone industrielle. Sans intérêt…

Tout ceci pour quasiment revenir à mon point de départ et m’arrêter enfin à la jonction de la ville européenne et de la 378médina. Tout est calme et « désert » en cette fin de dimanche. J’ai vaguement l’impression que demain risque d’être légèrement plus animé…

Posté par LoinAilleurs à 19:35 - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : ,


Commentaires sur ETAPE 33

    ben...

    Il y a le même rocher dans la mer du côté de Saint Cyr Les Lecques, une petite crique dite de "la galère"... le paradis du plongeon.
    Finalement, il avait pas tort, Jules: la Tunisie et la France, c'est tout pareil.
    Vive la France tunisienne!

    Posté par heu..., 22 mars 2010 à 11:30 | | Répondre
Nouveau commentaire